Avant de dessiner une maison, on lit la parcelle. Le cadastre indique où elle se trouve, qui l'entoure et comment elle est desservie ; croisé avec le PLU et les cartes de risques, il prépare l'étude de sol et évite les mauvaises surprises d'implantation.
Ce que dit, et ne dit pas, le cadastre
Le cadastre est un inventaire fiscal des propriétés foncières, tenu par l'administration. Il sert à calculer l'impôt foncier et à identifier les parcelles. Ses limites sont indicatives. Il ne garantit ni la contenance exacte, ni l'emplacement précis des bornes : pour cela, un bornage par un géomètre-expert est nécessaire. Le cadastre ne renseigne pas non plus sur le sol ou le sous-sol.
| Le cadastre indique | Le cadastre n'indique pas |
|---|---|
| Le découpage en parcelles, leur numéro, leur section | Les limites juridiques précises (bornage) |
| Une surface cadastrale approximative | La surface exacte, ni la constructibilité |
| Les bâtiments et voies visibles à la date de mise à jour | Les réseaux enterrés, les cavités |
| Le nom de la commune et de la section | La nature géologique du terrain |
Décoder un plan cadastral
Une parcelle est désignée par trois éléments : la commune, la section (une ou deux lettres) et le numéro. Par exemple « section AB, parcelle 123 ». Sur le plan :
- les traits fins marquent les limites de parcelles, les traits épais les bâtiments ;
- les numéros désignent les parcelles, les lettres les sections ;
- les parcelles allongées ou en drapeau signalent souvent un accès en lanière, qui peut poser un problème de desserte et de passage des réseaux ;
- les bâtiments en pointillés ou absents peuvent signaler une construction récente non encore reportée, ou démolie.
Les échelles courantes vont du 1/500 au 1/2000 ; sur les zones rurales, la précision est moindre. Repérez toujours l'orientation et les voies d'accès pour situer l'intervention du bureau d'études.
Les pièces à réunir
- le plan cadastral de la section (consultable sur cadastre.gouv.fr) et le plan de situation ;
- l'extrait cadastral et, pour un achat, les informations sur la parcelle (surface, références) ;
- les photographies aériennes successives (Géoportail) pour repérer d'anciens bâtiments, plans d'eau, carrières, remblais ;
- le plan de bornage quand il existe ;
- les plans du projet : esquisse, plan de masse, niveaux.
Lire une parcelle en huit étapes
- Repérer la parcelle sur cadastre.gouv.fr avec l'adresse ou la référence (commune, section, numéro), et relever sa surface cadastrale.
- Afficher les voisines : parcelles bâties ou non, accès, rues, chemins ruraux.
- Superposer une photographie aérienne (Géoportail) et comparer plusieurs dates pour repérer d'anciens bâtiments, plans d'eau, talus, remblais.
- Consulter le PLU : zone, règles, servitudes, emplacements réservés.
- Interroger Géorisques : argiles, cavités, inondation, séismes, radon.
- Vérifier la géologie : carte géologique du BRGM (InfoTerre), sondages historiques voisins.
- Repérer les réseaux : demandes DT/DICT, plan des concessionnaires, observations sur place.
- Rassembler le dossier et le transmettre au bureau d'études avec l'esquisse du projet.
Cadastre et PLU : le zonage qui décide
Le cadastre sert de fond de plan au PLU/PLUi. Repérez la zone dans laquelle tombe la parcelle :
- U : zone urbaine, constructible sous conditions ;
- AU : zone à urbaniser, souvent soumise à une opération d'ensemble ;
- A : zone agricole, constructibilité très limitée ;
- N : zone naturelle, protégée.
Le règlement précise les reculs, l'emprise au sol, la hauteur. Les servitudes d'utilité publique (canalisations, lignes électriques, monuments historiques, plans de prévention des risques) s'ajoutent. Un certificat d'urbanisme opérationnel résume l'ensemble. Pour la suite des démarches, voir viabiliser un terrain.
Risques et sous-sol : les cartes à consulter
À partir de la référence cadastrale, plusieurs services publics renseignent sur les aléas :
- Géorisques : retrait-gonflement des argiles, cavités, inondation, séismes, radon, mouvements de terrain (carte des zones argileuses) ;
- InfoTerre (BRGM) : cartes géologiques, sondages historiques de la banque du sous-sol ;
- Base des cavités souterraines et cartes des carrières ;
- Plans de prévention des risques de la commune.
Ces informations ne remplacent pas une étude, mais elles indiquent les sujets à traiter. Si la parcelle est en zone d'argile d'aléa moyen ou fort, la étude de sol obligatoire impose des études à la vente et à la construction.
Réseaux et obstacles enterrés
Avant de sonder, on vérifie la présence de réseaux enterrés : déclaration de projet de travaux (DT) et déclaration d'intention de commencement de travaux (DICT) auprès des exploitants, via le guichet unique national. Le cadastre, lui, ne les mentionne pas : d'anciens branchements, drains ou fosses non déclarés peuvent exister ; les photographies aériennes et le retour des riverains aident.